Un bracelet Fitbit permet d’arrêter un tueur aux Etats-Unis

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La technologie au service de la justice. La police du Connecticut a utilisé les données d’un bracelet Fitbit pour contredire la version du meurtrier. 

Les données du bracelet Fitbit contredisent la version de l’époux

Tout commence en décembre 2016. Richard Dabate explique aux enquêteurs que alors qu’il était seul chez lui, un individu cagoulé a pénétré dans sa maison. Il entend sa femme rentrer et il lui crie de s’enfuir. Mais l’intrus tire sur elle et la tue. Problème, les enquêteurs ne croient pas à cette version. Il n’y a aucune trace d’effraction et rien n’a été volé dans la maison. Ils obtiennent alors un mandat pour les ordinateurs, les téléphones, l’historique de l’alarme et le bracelet Fitbit de la femme.

C’est grâce à ce dernier qu’ils vont découvrir que l’époux a menti. En effet, alors que selon son époux elle était morte autour de 9h, elle faisait de l’exercice à 10 heures selon son bracelet Fitbit. Ses mouvements mais aussi l’historique de son ordinateur prouvent qu’elle était déjà dans la maison et non pas qu’elle venait d’arriver.  Richard Dabate finit par se confesser. Il avait une liaison et sa maîtresse était enceinte. L’assurance vie de sa femme, d’un montant de 475.000 dollars constituait aussi un motif valable pour lui. Il est aujourd’hui accusé de meurtre, falsification de preuves et fausse déclaration. Pour le procureur, les objets connectés sont « un très bon outil pour la police. Nous pouvons avoir les informations beaucoup plus rapidement que pour un test ADN ».

Police et technologies, jeux dangereux

Ce n’est pas la première fois qu’un objet connecté est partie prenante d’une enquête judiciaire. En janvier dernier, nous vous racontions déjà l’histoire d’un assistant Amazon Echo qui aurait été témoin d’un meurtre aux Etats-Unis. Les enquêteurs estimaient alors qu’il aurait pu enregistrer les événements s’étant déroulés dans la maison le soir du meurtre. Mais Amazon s’est refusée à communiquer les informations au nom de la protection de la vie privée. Alors que les objets connectés se multiplient dans notre quotidien, on peut estimer que ces situations sont amenées à se répéter. Reste à savoir quelle sera la position des entreprises du secteurs. Vont-elles accepter ou refuser de communiquer les informations ?

Par ailleurs, il serait dangereux de considérer que les informations seront toujours fiables. A l’heure actuelle, les objets connectés sont particulièrement vulnérables aux piratages. Bien souvent, ils ne sont pas testés suffisamment face aux attaques informatiques. Des chercheurs ont même démontré il y a quelques semaines qu’il était possible de tromper les objets connectés grâce aux ondes sonores. Difficile donc d’estimer pour l’instant qu’ils peuvent être considérés comme des preuves fiables à 100%.