Test : iPad Pro 10,5 pouces, Apple conjugue sa tablette au presque parfait

Et de quatre ! Dans une volonté d’honorer la double ligne de vie des iPad, Apple vend désormais ses tablettes en quatre formats différents. Les modèles 7,9 et 9,7 pouces demeurent essentiellement tournés vers la consultation de contenus, tandis que les modèles 10,5 et 12,9 pouces prennent toujours plus ostensiblement le cap du « pro ». C’est-à-dire qu’ils se veulent davantage des outils de production. En ce sens, ils sont destinés à chasser davantage sur le terrain des PC portables, avec l’espoir de pouvoir les remplacer. Et c’est bien évidemment une des questions auxquelles nous devrons répondre. Mais il y en a d’autres : que vaut cet iPad Pro par rapport à l’iPad lancé il y a quelques semaines ? Fait-il mieux que le premier iPad Pro 9,7 pouces ? Et enfin, 12,9 ou 10,5, quel iPad Pro choisir ?

Plus grand mais pas plus encombrant

Pour la distinguer des iPad 9,7 pouces, avec lesquelles elle partage un même design, Apple a donc décidé de doter sa nouvelle tablette d’un écran plus grand, de 10,5 pouces. La bonne nouvelle, c’est que cet accroissement de l’affichage, qui gagne environ 20% par rapport à l’iPad Pro précédent, aboutit à une hausse de la surface totale de la tablette bien plus faible, de l’ordre de 7% seulement.

En réduisant les bordures noires autour de l’écran, Apple donne plus de place à l’affichage. La définition de la dalle augmente en même temps que sa taille, ce qui offre un espace de travail plus important et donc davantage de confort quand on surfe, joue ou travaille en scindant l’écran en deux parties.

Ce seul argument justifie déjà ce nouveau format d’écran. Si l’iPad Pro 12,9 pouces peut parfois faire un peu peur, il offrait un confort inégalé par rapport au Pro 9,7 pouces. En proposant une diagonale en entre deux, Apple rend son iPad Pro petit format bien plus attirant.

Une dalle incroyable

Mais Apple ne s’est pas contenté d’agrandir la dalle, il l’a une fois encore améliorée. Déjà estampillée P3, ce qui indique qu’elle respecte une norme colorimétrique utilisée dans le monde du cinéma, elle est désormais équipée d’une technologie baptisée ProMotion, qui apporte davantage de fluidité et de souplesse dans la navigation et l’affichage de page Web, entre autres. En effet, la fréquence de rafraîchissement de l’écran se fait en fonction des usages. Le maximum de 120 Hz n’est évidemment pas tenu en permanence, ce qui n’aurait pas de sens. Ainsi, quand vous regardez un film, la fréquence se fixe à 48 Hz. Notons au passage que le son est vraiment bluffant, aussi bien quand on regarde un film que quand on se sert de l’iPad Pro pour écouter de la musique.

Ce taux de rafraÎchissement apporte également encore plus de souplesse à l’utilisation de l’Apple Pencil. Les dessinateurs numériques devraient apprécier, tout comme ceux qui ont adopté le stylet numérique pour prendre des notes.

Quoi qu’il en soit, ces pas en avant ne bouleversent pas la donne – sauf en ce qui concerne la luminosité vraiment impressionnante. Si on comprend et apprécie la volonté d’Apple d’assurer le plus grand confort possible, on se demande si cette amélioration a vraiment un sens pour la plupart des utilisateurs. Une question qui se pose d’autant plus que la technologie introduite pèse sans doute sur la facture au global. La bonne nouvelle, c’est qu’elle ne nuit pas du tout à l’autonomie.

Une autonomie en progression constante

Dès son origine, l’iPad s’était fixé un cap volontariste pour ce qui touche à sa capacité à fonctionner longtemps loin d’une prise électrique. Un cap de dix heures que la société californienne a peu ou prou réussi à tenir depuis.

Avec cette nouvelle génération, Apple continue de creuser son sillon. Lors de nos mesures en autonomie polyvalente, qui simule des usages intensifs et variés du quotidien, nous avons ainsi enregistré un score de 11h33. C’est bien mieux que ce que proposait l’iPad Pro 9,7 pouces et bien davantage que l’iPad Pro 12,9 premier du nom. C’est même mieux que l’iPad 2017 sorti, il y a quelques mois désormais, et qui avait décroché la timbale.

Sans surprise, en autonomie en vidéo, le résultat est encore meilleur. Il faut 16h38 de films pour venir à bout de la batterie de l’iPad Pro 10,5 pouces. C’est un nouveau record dans la famille des tablettes d’Apple.

Pas d’inquiétude donc pour travailler toute une journée avec ce nouveau modèle, même chose si vous pensez plutôt à des usages plus divertissants. Notre nouvelle mesure d’autonomie en jeu affiche en l’occurrence un joli 7h08. Une belle performance, toujours supérieure à celle de l’iPad 2017 qui lâchait, malgré une autonomie globale solide, au bout de 6h12.

L’Apple A10X, aux manettes, un déluge de puissance

Ce n’est donc pas du côté de l’autonomie qu’on prendra en défaut l’iPad Pro 10,5 pouces. Tuons le suspense, ce n’est pas non plus du côté de la puissance. La nouvelle puce A10X Fusion est non seulement économe en énergie mais également très performante.

Avec un outil de Benchmark comme Basemark OS II qui teste différents compartiments essentiels de la configuration des produits, on observe une très nette progression de l’iPad Pro 10,5 pouces par rapport à la génération précédente d’iPad Pro, quelle que soit la taille de l’écran. Avec un score de 9066 points pour la partie système, la tablette est presque 1,5 fois plus performante que ses aînées. Le différentiel de score est quasiment identique pour la partie graphique pure. On note un x1,4 par rapport à l’iPad Pro 12,9 pouces qui était le plus puissant en la matière jusqu’à présent.

Si au global l’iPad Pro 10,5 pouces est plus robuste, la différence se creuse tout particulièrement au niveau de la puissance graphique. 3Dmark Ice Storm Unlimited obtient un score x1,6 supérieur à celui de l’iPad Pro précédent et x1,7 avec Slingshot, qui se concentre sur le rendu de l’API Métal, développée spécifiquement par Apple pour afficher les jeux, notamment.

Une fois encore, vous devriez avoir de quoi travailler sans souci. L’application de filtres en temps réel et le rendu de vidéo 4K, qu’on peut tourner avec l’iPad Pro, sont encore plus rapides et fluides.

Toujours la limite d’iOS

Paradoxalement, on a presque l’impression que c’est trop. Trop de puissance pour ce qu’on peut en faire ou ce qu’on a envie d’en faire. Pour l’instant, en effet, iOS 10 semble toujours un frein à certains usages qui nécessitent de passer facilement d’une fenêtre à une autre. Sans même parler de la possibilité de glisser rapidement un fichier dans un programme, qui est essentielle pour qu’on préfère travailler sur l’iPad Pro plutôt que sur un MacBook (Pro).

Car, si la question de la puissance semble réglée, celle de l’ergonomie est toujours en souffrance. On espère réellement qu’iOS 11 lèvera une partie de ces limitations, mais le doute est encore permis. D’autant qu’Apple semble également douter. Plus exactement, sa volonté de promouvoir différentes façons d’utiliser l’iPad Pro, comme une tablette surpuissante et un remplaçant de PC portable, pourrait d’une certaine manière être un frein à l’adoption de l’iPad Pro comme PC du quotidien. Comment expliquer autrement que le clavier (avec connecteurs Smart Connect) ne soit pas fourni par défaut ? Il coûte 179 euros ! Si l’iPad Pro doit devenir un remplaçant de nos MacBook, il est évident que le clavier virtuel n’est pas une solution. Dès lors pourquoi ne pas « offrir » ce clavier, l’intégrer par défaut.

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